78 PROMOUVOIR L’ÉDUCATION POPULAIRE DANS NOTRE VILLE EN ORGANISANT DES ASSISES DE LA VIE ASSOCIATIVE ET DE L’ÉDUCATION POPULAIRE

À Brest, le tissu associatif maille le territoire. Les équipements de quartiers et les associations structurent ainsi notre quotidien, authentique héritage de l’histoire et ADN du vivre-ensemble brestois. Engagés dans les quartiers, dans des projets avec les habitantes et habitants, les associations reflètent la volonté de la ville de faire des politiques éducatives, sportives et culturelles, les axes majeurs de son intervention publique. Cette présence forte porte une véritable dynamique, renforce le bienvivre et la cohésion sociale. Et parce que ces associations ont pour fondement les valeurs d’éducation populaire que nous partageons, nous confirmons notre engagement auprès d’elles.

Nous définirons un pacte avec les associations et les fédérations d’éducation populaire qui sera le socle de la trajectoire financière de l’augmentation de notre soutien pendant tout le mandat et le socle de la renégociation des conventions. Ce pacte s’appuiera sur l’ambition de renforcer la vie et les dynamiques collectives dans les quartiers, la lutte contre la précarité et la construction de nouvelles solidarités, l’engagement à agir pour lutter contre les conséquences du réchauffement climatique. Nous souhaitons donc organiser des «Assises de la Vie Associative et de l’Éducation Populaire» et encourager les nouvelles formes d’éducation populaire au sein de notre ville et de ses quartiers et ouvrir une réflexion sur les appels à projet.

Nous programmerons par ailleurs un plan de rénovation du bâti des équipements de quartier (Patronages Laïques, Maison Pour Tous, Centres sociaux). Un diagnostic énergétique sera réalisé par maison de quartier et une réflexion sera menée sur les usages. La réalisation dans le cadre des deux opérations de renouvellement urbain du pôle Vauban, au sein duquel sera reconstruit le Patronage Laïque de Recouvrance, ainsi que du pôle de services aux habitants à Bellevue, au sein duquel sera reconstruit le centre social de Bellevue, avec la rénovation de l’espace associatif de Quéliverzan, sont parmi les chantiers majeurs qui contribueront à renforcer l’éducation populaire à Brest dans ce qu’elle apporte aux dynamiques de quartier. Enfin, nous souhaitons que la rénovation complète du centre social de Kérangoff soit engagée par la CAF. La ville, copropriétaire avec la CAF de ces locaux, y contribuera.

79 REFONDRE NOS TARIFICATIONS SOLIDAIRES

Nous repenserons une tarification solidaire plus ambitieuse des transports en commun de la métropole, en direction notamment des enfants et les étudiants les plus précaires. Cette refonte de la tarification solidaire des transports s’inscrira dans une refonte plus large de l’approche solidaire des tarifs, ceux directement portés par la ville et la métropole: restauration scolaire, services en direction des familles, activités culturelles, mais aussi ceux proposés dans les activités et équipements délégués afin de mieux prendre en compte toutes les familles et personnes à revenus modestes.

Enfin, une réflexion sera engagée avec les partenaires associatifs que la ville soutient pour partager cette même ambition solidaire dans les tarifs des activités qu’ils proposent aux Brestoises et aux Brestois. La ville les accompagnera, y compris financièrement, pour progresser en ce sens.

80 ÉTUDIER LA FAISABILITÉ DE LA GRATUITÉ POUR LES ENFANTS ET JEUNES DE 0 À 18 ANS

Si la gratuité totale pour tous dans les transports en commun de notre métropole peut sembler attractive au premier abord, elle ne constitue ni une solution véritablement efficace pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (en raison des effets de report des usagers des mobilités douces sur les transports en commun), ni une mesure soutenable financièrement pour nos collectivités (les pertes de recettes induites empêchant toute capacité d’investissement dans le réseau). Être bien dans sa ville c’est pouvoir compter sur des services publics dans les quartiers, à l’écoute, accessibles à toutes et tous, surtout aux plus modestes: écoles publiques, mairies de quartier, équipements sportifs et culturels; c’est participer, seuls ou avec d’autres à des activités qui renforcent la fierté d’être à Brest; c’est, enfin, partager les enjeux de santé et agir pour améliorer le bien-être de toutes et tous au quotidien. Pas plus qu’elle n’est une mesure véritablement solidaire (ne contribuant plus au service public ceux qui pourtant le peuvent).

En revanche, il en va de la responsabilité d’une municipalité d’accompagner les publics empêchés et les personnes nécessitant une attention particulière. Dans cet esprit, nous proposons de repenser notre tarification actuelle afin d’y inclure tous les travailleurs pauvres et de réduire les effets de marge. Cette tarification repensée renforcera l’égalité d’accès au réseau, permettra aux personnes les plus modestes d’en profiter et assurera que chaque usager participe à ce service public à hauteur de ses moyens.

Par ailleurs, et afin de favoriser le pouvoir d’achat et les déplacements des familles brestoises et des jeunes brestois et brestoises, nous proposons également, en prolongement de la gratuité pour les moins de sept ans, de mettre à l’étude dès le début de mandat la mise en œuvre de la gratuité du réseau de transports en commun de la métropole, pour tous les jeunes de 7 à 18 ans.

Cette mesure permettrait d’accompagner et d’accélérer la transition écologique en incitant les jeunes brestois et leurs familles à utiliser les transports collectifs plutôt que les véhicules individuels. L’évolution des mobilités urbaines vers un modèle plus propre et multimodal implique de développer, dès le plus jeune âge, un réflexe d’usage des transports collectifs.

81 METTRE EN PLACE UN « CHÈQUE EAU »

La création en 2012 de la société publique locale Eau du Ponant a permis la reprise en main publique de l’eau. Elle a aussi permis d’assurer une meilleure solidarité territoriale pour la distribution de ce bien vital.

De lourds travaux d’investissement ont été faits (stations d’épuration…) ou vont se faire (usine de production de Pont-ar-Bled près de Landerneau pour environ 25millions d’euros). Ces investissements sont indispensables pour avoir une eau de qualité tant pour la consommation que pour le rejet dans le milieu naturel et ils pèsent nécessairement sur le prix de l’eau.

Cela étant, la question du prix de l’eau mérite d’être posée, étant entendu que le système français repose sur un principe clair: l’eau paie l’eau. À Brest métropole, la structuration du tarif de l’eau avec une part fixe très faible (abonnement à l’eau) ou nulle (assainissement) induit de fait un prix très bas pour les 20 premiers mètres cubes facturés (eau vitale).

Pour autant, pour les ménages à faibles revenus, la tarification sociale de l’eau est indispensable: compte tenu de certaines spécificités notamment liées à l’habitat collectif public (BMH…), nous proposerons la mise en place d’un dispositif performant de type «chèque eau» qui sera mis en place avec tous nos partenaires (département, CAF…) et géré par le CCAS.

82 CONSTRUIRE UN CREDIT MUNICIPAL A VOCATION DEPARTEMENTALE.

Afin de répondre aux enjeux économiques et sociaux suscités par la crise sanitaire, nous proposerons la création d’un crédit municipal qui aura vocation à rayonner à l’échelle du Finistère. Véritable outil de solidarité territoriale, ce projet sera élaboré en étroite coopération avec les autres villes du département, et en particulier Quimper.

Organisme solidaire et social au service des habitantes et habitants du territoire, notamment les plus modestes, cet outil aura pour vocation de permettre l’obtention de prêts et de microcrédits afin, par exemple, d’apporter un soutien au lancement d’un projet professionnel.

Ce projet s’inscrit dans l’esprit de l’économie sociale et solidaire et représentera une solution de résilience dans un contexte social difficile post-épidémie :

  • Prêts : micro-crédits, prêts personnels, rachats de crédit, prêts de trésorerie aux associations, prêts Marianne
  • Épargne solidaire : ouvrir un Livret ou un Compte d’Épargne solidaire pour soutenir l’économie du territoire et les initiatives locales ;
  • Investissements dans l’économie locale : investir les fonds disponibles pour les rendre utiles au territoire départemental et en lien avec notre engagement social et responsable ;
  • Plateforme numérique permettant la mise en œuvre de la monnaie locale Heol à destination des collectivités et associations.

83 LANCER UNE ETUDE POUR EXPERIMENTER A BREST UN « MINIMUM SOCIAL GARANTI » (MSG).

En partenariat avec le Conseil départemental et les acteurs de la solidarité à Brest, en nous appuyant sur les expériences menées en France (Grande-Synthe) et en Europe, nous étudierons les modalités de mise en œuvre d’un Minimum social garanti (MSG) à Brest. Dans le cadre de l’expérimentation menée, ce complément de revenu permettra à des Brestois.e.s de compléter leurs revenus pour atteindre le seuil de sortie de la pauvreté. 

Cette expérimentation sera construite et déployée avec le concours de tous les professionnels et réseaux de bénévoles de la solidarité à Brest, mais aussi chercheurs de l’action sociale, acteurs publics et associatifs, souhaitant contribuer à cette expérimentation action pour lutter contre la pauvreté.

84 CONTRIBUER A LA REFLEXION NATIONALE POUR LA MISE EN PLACE D'UN REVENU UNIVERSEL D’EXISTENCE (RUE).

Nous souhaitons que Brest se positionne comme ville expérimentatrice, innovante et contributrice à la réflexion sur la mise en place d’un revenu universel d’existence (RUE) au niveau national. A l’aune des conséquences sociales d’une crise sanitaire inédite, des mutations liées au travail, de la nécessité de construire un nouveau pacte social basé sur une plus grande protection face aux besoins élémentaires et aux accidents de la vie, à la pauvreté et la précarité, mais aussi à une indispensable nouvelle répartition des richesses, la ville de Brest s’engage à participer aux réflexions sur la création d'un RUE et se positionnera comme territoire  volontaire en la matière en associant les habitants.